Le média InfoChalon a rapporté le 12 juin, les propos du Maire de Chalon à la dernière fête du port de plaisance: « L'élu ajoute qu'aux vues de l'importance stratégique de ce lieu, 50 anneaux supplémentaires (dont le coût prévisionnel se situe entre 2 et 3 millions d'euros) pourraient amplifier l'offre du Port de Plaisance à l'avenir puisque le sujet est à l'étude à la Mairie qui veut vraiment développer le Port. Ce lieu a été identifié comme un vecteur d'expansion touristique et économique car la demande existe et que cela véhicule une belle image de la ville. »
En conseil municipal, aucune information sur ce projet n’a été faite aux élu·e·s pour en évaluer la priorité. Par ailleurs, avec la canicule, des élèves chalonnais sont déscolarisés faute de locaux adaptés.
3 millions d’euros pour 50 places de bateaux de plaisance. Contre 6 millions pour 38 écoles pendant 6 années, et même pas dépensés en totalité !
Nous avons donc un maire qui est prêt à dépenser l’équivalent de la moitié du budget d’investissement des 6 dernières années pour 38 écoles (3600 enfants plus les personnels), pour 50 places de bateaux de plaisance et pour « une belle image de la ville » !
Pour mémoire, dans un précédent conseil municipal, je rappelai, chiffres de la mairie à l’appui, les dépenses d’investissements programmées de 2021 à 2026. Elles s’élevaient, pour les 38 écoles de Chalon à 6 millions d’euros. Je dénonçais, lors d'une question orale, me faisant traiter de menteur par le Maire, que cette programmation budgétaire n’était pas respectée puisqu’en moyenne 800 000 € par an était dépensés au lieu du million annoncé.
De plus, à l’issue du programme fin 2026, environ 700 000 € ne seraient très probablement pas consommés, alors que les besoins sont urgents !
L’urgence d’un plan de programmation pluriannuel de la rénovation des écoles de Chalon-sur-Saône, sachant que les évènements caniculaires vont se multiplier...
Alors que nos enfants et les personnels des écoles subissent leur deuxième canicule de l’année. Alors que les scientifiques nous alertent depuis des années sur le réchauffement climatique et ses conséquences. Des mesures trop limitées sont prises pour adapter et rénovées nos bâtiments scolaires publics.
En conseil municipal, j’ai demandé avec les élu·e·s du groupe d’opposition Chalon En Commun un plan pluriannuel de rénovation de nos écoles en doublant à 12 millions le plan d’investissement pour les 6 prochaines années. Demandant à la majorité si un tel plan était à l’étude, nous n’avons reçu aucune réponse en retour.
Il semble que l’urgence d’un plan de rénovation et d’isolation de nos écoles passe après des opérations de prestige aux bénéfices plus qu’aléatoires. Les pontons désertés, quai Sainte-Marie, montrent les limites d’une telle politique d’affichage. C’est un flop complet, un investissement qui s’est révélé inutile et coûteux.
Pas d'argent ?
Pour compléter, à ceux qui disent que ça coûterait trop cher de rénover les écoles de notre pays, qu’il n’y a plus d’argent, je rappellerai entre autres, l’explosion de nos dépenses militaires, le refus de la droite et l’extrême-droite de voter la taxe Zucman qui écornerait de 2 % les patrimoines des ultrariches possédants plus de 100 millions, les rapports du sénat qui pointent les 210 milliards d’aides annuelles aux entreprises ou les 13 324 foyers fiscaux assujettis à l’impôt sur la fortune immobilière qui ne payent aucun impôt sur les revenus par le truchement de l’optimisation fiscale qui leur est permise.
On le voit, la politique suivie à Chalon comme au national, ne priorise pas les besoins des populations, mais masque, par de la communication événementielle, une politique en faveur des couches les plus aisés de la population.
Jean-Michel De Almeida
élu municipal et communautaire de Chalon-sur-Saône
co-secrétaire du PCF Grand Chalon